L’édito du Maire

(Edito Janvier 2020)

En décembre, Brétigny a montré des solidarités concrètes, vivantes. Les associations volontaires, dynamiques, enthousiastes se sont soudées autour de l’ambition du Téléthon, en appui au Bus de Noël et pour réussir un Marché de Noël animé. Collectivement, Brétigny a montré des valeurs chères à nos cœurs, des valeurs brétignolaises de solidarité et de fraternité.

Cela rend d’autant plus douloureux l’agression d’une femme âgée et de sa fille à leur domicile, le week-end avant Noël. L’enquête, toujours en cours depuis des faits similaires l’an dernier, est gérée avec soin et méthode au sein de la Direction départementale de la sécurité publique. Il faut mettre la main sur le ou les auteurs de tels faits qui soulèvent le cœur. Un cambriolage aussi violent pour si peu de choses est révoltant. Même si les mesures de surveillance sont renforcées par la police, j’invite chacune et chacun, et tout particulièrement les personnes âgées, au respect des règles élémentaires de prudence et de sécurité qui avaient été détaillées lors d’une session de sensibilisation pour la sécurité des seniors à la fin de l’année dernière. Un nouveau document rappelant les prudences utiles sera diffusé ce mois-ci.  Je tiens également à saluer le courage des voisins qui sont intervenus. Je souhaite aux victimes de ces violences un rétablissement rapide.

Le dernier Conseil municipal de l’année a pris des décisions fortes. D’abord, la procédure de révision du règlement local sur la publicité a été lancée, un projet a été présenté. Il vise à limiter le nombre et la taille des panneaux publicitaires qui, trop souvent, envahissent notre ville. Il fera l’objet d’une consultation et d’une enquête publique en vue d’être adopté au début de l’été.

Le Conseil a également arrêté les règles d’une préemption commerciale prévue par les Assises de la Ville. En clair, la commune aura demain la possibilité, sous certaines conditions, de préempter des fonds de commerce au moment de leur vente. C’est un nouvel outil dont on disposera. Bien sûr, la commune n’est pas assez riche pour racheter tous les pas-de-porte du centre-ville pour imposer la nature des nouveaux commerces qui s’installeront ; mais, dans certains cas, nous pourrons influer sur des installations que nous jugerions inopportunes car déjà trop fréquentes – les agences bancaires, les agences immobilières – en vue de permettre des installations de commerces de bouche, par exemple.

Le Conseil a également pris acte du rapport annuel sur l’égalité femmes/hommes. Il est impressionnant par les mesures qu’il relate. Ce rapport est un document administratif public et je vous invite à en demander copie. Des actions existent dans bien des domaines de la vie communale, des actions sont menées tout au long de l’année.
La commune est toutefois en infraction à la loi sur la parité en ce qui concerne les emplois de direction dans les services de la ville. Nous comptons quatre femmes et deux hommes occupant ces emplois, alors que la loi prescrit un équilibre plus serré… La Préfecture va-t-elle nous faire reproche de trop nous appuyer sur des femmes de talent ? Ce serait un comble. 

Enfin, le Conseil a débattu des orientations budgétaires de cette nouvelle année. Progressivement, lentement, nos efforts maintenus sur les dépenses de fonctionnement permettent, malgré la baisse des dotations de l’État, de dégager des possibilités réelles d’investissement. Mais la commune ne peut relâcher ses efforts. Nous devons construire une école supplémentaire non prévue dans le quartier Clause – Bois-Badeau, des équipements sportifs et associatifs qui manquent aujourd’hui cruellement et mettre en œuvre les actions des Assises de la ville. Brétigny fait face à ses obligations mais conserve le cap d’une gestion serrée. 

Une solution de compromis a été trouvée avec l’agglomération sur la question de la taxe d’aménagement versée par Amazon. 

En 2016, pour faire venir autant d’emplois à Brétigny, le Conseil municipal avait voté, la possibilité de ne pas faire payer à Amazon la taxe d’aménagement. Cela rentrait dans une négociation globale permettant d’optimiser le prix de vente pour l’intercommunalité, et cela était plus que couvert par des recettes fiscales dans la durée. Nous étions alors convenus avec le Président de l’agglomération, Olivier Léonhardt, que l’éventuelle plus-value de l’opération serait partagée entre l’agglomération et la commune.

Au final, Amazon a quand même payé la taxe d’aménagement à la commune. La question s’est posée de sa répartition. La taxe est légalement due à la commune, mais elle peut être reversée ou partagée. L’agglo l’a revendiquée pour elle-même au motif qu’elle avait réalisé l’aménagement de la parcelle.  Il faut rappeler que la taxe ne finance pas que les aménagements de la parcelle et que le coût des aménagements était globalement couvert par le prix de vente. Par ailleurs, l’agglomération, comme la commune, perçoivent des recettes fiscales pérennes. 

La commune pouvait légalement conserver le produit, mais j’ai proposé une solution de compromis où le produit de la taxe est partagé entre la ville et l’agglomération. Après bien des débats, cette solution équilibrée a été adoptée. Les communes et l’agglo ont « fortune liée », tout particulièrement sur le réaménagement des terrains du CEV. Ce partage est également conforme à ce dont nous étions convenus en 2016 avec Olivier Leonhardt. Pourtant, sitôt après le vote sur ce partage, M. Olivier Léonhardt, désormais sénateur, est revenu sur ce dont nous étions convenus ensemble pour fustiger le compromis. Il n’a pas eu de mots assez durs pour regretter que l’agglomération ne reçoive pas tout et Brétigny rien. Ce revirement de position, aussi violent que brutal, me laisse un goût amer. Dans l’intérêt de Brétigny, je dois douter désormais de la parole d’un Sénateur, c’est décevant et triste. Je ne m’habituerai jamais à ces revirements de la part d’un élu de la République. Notre agglomération, pour bien fonctionner, a besoin de confiance. Cela me conforte toutefois dans une position de principe : oui à une agglomération de solidarité au service des communes, non à une agglomération qui viserait à l’effacement des communes.

Mais enfin, ne nous arrêtons pas aux passions tristes. 2020 s’ouvre, une nouvelle année commence et je souhaite à chacune et à chacun d’entre vous une année belle, vibrante, heureuse, ouverte à tous les bonheurs !

Le Maire
Nicolas Méary

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