Conseil municipal du 5 juillet

Discours du Maire (à partir de 41mn 30) :
 
Monsieur le Vice-Président du Sénat,
Madame la Sénatrice,
Madame la Maire de Saint-Michel,
Mesdames, Messieurs les élus,
Chères Brétignolaises, chers Brétignolais,
Chers amis,
 
Les précautions obligatoires liées à la crise du Coronavirus font que ce conseil, ce matin, se tient dans des circonstances particulières. Nous sommes obligatoirement éloignés et nous n’avons pu accueillir, c’est un crève-coeur, beaucoup de monde. Seuls les anciens élus et un seul invité par conseiller sont là. Je sais que beaucoup d’autres auraient aimé être présents aujourd’hui. Un amical et chaleureux salut à toutes celles et ceux qui nous regardent sur Internet.
 
Au moment où, pour la deuxième fois, le Conseil municipal de Brétigny me désigne comme Maire, vous imaginez à quel point c’est un moment qui me touche, je voudrais commencer par remercier. Remercier toutes celles et ceux qui sont venus voter, quel que soit leur vote. On pourrait croire que c’est une évidence. Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique. Mais à une époque où la participation est régulièrement faible, c’est aussi un effort individuel qu’il convient de saluer. À Brétigny la participation a progressé entre les deux tours contrairement à la moyenne en France. Cette mobilisation accrue, ce sursaut républicain est une bonne chose. En démocratie, ce sont qui votent, ceux qui donnent leur avis selon les règles constitutionnellement établies, ce sont ceux qui votent qui décident.
 
Je salue toutes celles et ceux, dans les équipes en compétition, qui ont participé à l’élection municipale au premier ou au second tour. C’est la diversité des idées, l’expression d’opinons différentes, qui, dans le respect des faits et du droit, font vivre la démocratie.
 
Merci du fond du cœur à toutes celles et ceux qui se sont engagés à mes côtés, à mes colistiers bien sûr – nombre d’entre eux siègent maintenant autour de cette table – ceux qui étaient également sur la liste et aussi à toutes celles et ceux qui nous ont soutenus, encouragés, accompagnés tout au long de cette campagne. Nous nous sommes attachés à faire une campagne sur le fond, digne, à l’écoute du plus grand nombre. Nous nous sommes attachés à défendre notre projet pour Brétigny. Merci d’avoir contribué à cela.
 
Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont apporté leur voix à la liste “J’aime Brétigny” que j’ai eu l’honneur et le bonheur de conduire. En nous accordant 53,2% des suffrages exprimés, avec 430 voix d’écart, les Brétignolais ont collectivement fait un choix clair. Qu’il soit de cœur ou par défaut, ce choix me touche profondément, nous nous efforcerons d’en être dignes. Nous continuerons d’agir avec détermination, avec engagement, avec enthousiasme au service de Brétigny et des Brétignolais.
Pour cette confiance, pour ce soutien, pour cette force, que vous nous conférez, tout simplement merci !
 
Chaque élection marque le passage du temps, marque un renouveau des équipes et avant d’accueillir les nouveaux élus, je veux dire un mot de ceux qui nous quittent. Je pense à ceux de l’équipe municipale sortante qui, en assumant leur rôle au cours du précédent mandat, ont été un élément de la victoire de dimanche dernier.
Je veux aussi dire un mot des animateurs de l’opposition qui ne siègent plus parmi nous. Parmi d’autres, je salue la mémoire de Bernard Decaux, mon prédécesseur, qui a participé dans l’opposition, avec sagesse aux premières années de mandat et qui nous a malheureusement quittés. Je salue Mme Garric qui fut longtemps son bras droit, je salue M. Camo qui représentait parmi nous un courant de pensée qui fut présent non-stop dans notre commune depuis la Libération. Ce furent avec certains de leurs amis des opposants rudes mais rigoureux, ils nous ont aussi permis de grandir, “de muscler notre jeu“. Du fait des règles électorales et des ralliements individuels, ce courant de pensée n’est plus représenté ici, mais Brétigny n’est pas une si grande ville. Je sais que nous les retrouverons et que nous aurons encore des passes d’armes constructives.
 
Je veux adresser mes félicitations aux élus, aux anciens et surtout aux nouveaux, à ceux qui siègent pour la première fois dans notre assemblée. Participer aux délibérations sur les affaires de la commune, porter les espoirs et les aspirations de nos concitoyens, trouver des solutions chaque fois que c’est possible, parler au nom et pour le compte des Brétignolais. C’est une belle responsabilité que vous endossez, chacune et chacun, quelle que soit la liste, quelle que soit la position, quel que soit le siège au sein de cette assemblée. Je souhaite que collectivement nous fassions honneur au mandat qui nous est confié.
 
Permettez-moi enfin de vous dire enfin que je suis personnellement touché, ému, du choix des Brétignolais et du Conseil municipal. Cette confiance, ce soutien est ce qui le plus sûrement charpente ma vie.
Je suis profondément heureux de pouvoir, avec l’ensemble de mon équipe, continuer d’agir pour Brétigny.
Je sais que la tâche est vaste, exaltante, il y a tant de choses à faire et tant de projets à mener, je sais pour cela pouvoir m’appuyer sur une équipe motivée, volontaire, sur des agents du service public municipal, compétents, engagés. Chers agents de la ville de Brétigny, je me réjouis, avec toute l’équipe d’élus, de pouvoir continuer à agir avec vous.
Nous avons présenté tout au long de cette campagne, un projet détaillé autour de trois grandes ambitions. Nous voulons que Brétigny soit une ville engagée dans la transition écologique, attentive à son cadre de vie et à l’équilibre entre ville et campagne. Nous voulons agir pour qu’autant que possible chacun puisse réussir sa vie à Brétigny, que chaque Brétignolais trouve les moyens de grandir, de travailler, de se divertir, de se cultiver, de s’engager, et tout simplement de bien vivre à Brétigny. Nous voulons, que tous ensemble, grâce au respect de nos règles de vie collective et de notre cadre républicain, grâce à des occasions toujours renforcées de rencontres et d’échanges, grâce à une égale considération, nous fassions société commune.
 
Je ne le représente pas intégralement, je ne doute pas que chacun ici l’a lu en détail et nous aurons l’occasion d’y revenir et de le décliner au cours des mois et des années qui viennent.
 
Il y a un certain nombre de choses sur cette élection sur lesquelles je voudrais revenir.
 
On a beaucoup parlé d’une forte vague verte qui a emporté des grandes villes comme Marseille, Lyon, Bordeaux, Besançon, Strasbourg, et bien des villes de la taille de Brétigny comme Savigny-sur-Orge. Certains disent que cette vague verte aurait échoué à Brétigny.
Je ne le crois. Le fait est qu’une liste avait des “étiquettes” dont celle d’Europe Écologie – Les Verts et la nôtre n’en affichait aucune.
Pour autant, je crois que sur ce point, sur le point de la lutte contre le dérèglement climatique, pour l’écologie du quotidien, pour l’écologie des mesures concrètes et des visions à long terme, notre bilan, notre projet font que les Brétignolais ne se sont pas laissé tromper. Il y avait, il y aura au sein de l’action municipale une très forte prégnance écologique. L’écologie n’a rien perdu à Brétigny.
 
Il y a, par ailleurs, bien des Brétignolais qui m’ont dit que cette campagne avait laissé un goût amer, une fatigue tant il a fallu se battre contre des insinuations, des faux-semblants, des arrangements avec la réalité.
 
On pourrait se dire « la campagne est terminée, tout est oublié. » Et pourtant, il faut mettre des mots sur les maux. Il faut parfois nécessairement dire les choses.
 
Bien des Brétignolais se sont étonnés que le principal groupe de discussion sur les réseaux sociaux à Brétigny, ait pu accueillir des échanges si violents si injurieux, que les faux comptes s’y soient multipliés, et surtout qu’il soit modéré en avantageant l’une des listes, l’un des candidats, l’une des listes plutôt que les autres. Faire un groupe politique est parfaitement légitime, mais lorsqu’on se prétend, apartisan, neutre, il y a une équité, des règles à respecter, cela n’a pas été le cas.
 
Bien des Brétignolais ont été surpris de voir tant d’arrangements avec la réalité, voire des propos parfois mensongers. Quand, par exemple, mon concurrent du deuxième tour prétend avoir été dans l’opposition jusqu’en 2008 pour faire oublier sa part de responsabilité dans les choix passés, alors que les faits sont là, il a été élu en 2001 dans une liste hostile à Monsieur Decaux, il a officiellement rejoint la majorité municipale au milieu du mandat. Les enfumages nuisent à la sérénité du débat.
 
Certaine duplicité aussi quand un bon Docteur Jekyll énonce qu’il n’a rien promis à personne parce qu’une promesse serait une dette alors que l’on nous a dit dix fois, vingt fois, trente fois que Mister Hyde avait effectivement promis à qui des emplois ou des logements, tant de choses que la ville ne pourrait pas offrir.
 
Quand Monsieur Gustave écrit que « nous aurions obtenu 250 procurations de personnes nées dans les années 20 ! » Vérifications faites, les électeurs des années 20 qui ont voté par procuration sont au nombre de six et nul ne sait – heureusement – pour qui elles ont voté.
Six ce ne sont pas 250.
Je ne vais pas faire une liste détaillée. Mais je crois que les faux-semblants, les faux comptes, les insinuations, les promesses intenables nuisent profondément au débat démocratique.
 
Mais au-delà, il y a eu après l’élection des prises de parole, des insinuations, puis des accusations graves et insultantes pour moi, mon équipe et les électeurs de notre liste qui ne passent pas.
 
Je sais qu’une défaite électorale est douloureuse, je suis passé par là.
Mais cela n’excuse pas tout.
 
Cela ne passe pas ou cela ne passe plus quand on lit sur Facebook que nous aurions « été prêts à tous les coups tordus et crasseux pour gagner. »
 
Cela ne passe pas.
 
Cela ne passe pas de lire que nous devrions notre victoire aux « petits fachos de l’extrême droite. » Pourquoi insulter les électeurs ?
 
Cela ne passe pas de lire que nous aurions dit que M. Gustave aurait été le maire, je suis désolé, je le cite encore une fois, des « bougnoules et des nègres » Où cela a-t-il été dit ? Quand cela a-t-il été dit ? Nul ne le sait. Sûrement pas dans ma bouche.
 
Cela ne passe pas de lire que nous aurions tenu « des propos racistes et haineux. »
 
Cela ne passe pas de voir que M. Gustave mobilise M. Sopo, Président de SOS racisme pour dire à la France entière que nous avons mené « une campagne raciste » et que le mot « nègre serait apparu dans quelques bouches éminentes. »
 
Cela ne passe pas, car tout cela est faux.
 
J’ai longtemps laissé passer bien des choses, bien des accusations fortes à mon endroit ou à l’encontre de notre équipe car je croyais que l’excessif, l’infondé, le dérisoire ne méritaient pas tant d’attention. Parce que je ne voulais participer à un débat aussi détestable.
Je savais aussi en m’engageant en politique que le combat pouvait être rude et injuste. Mais je n’ai jamais cru que l’on pourrait entendre des choses aussi graves et en même temps dénuées de tout fondement.
 
Désormais – je vous le dis avec fermeté – les insultes faites aux Brétignolais qui ont voté, les accusations de racisme pour moi et mon équipe ne passent pas, ne passent plus.
 
Je fais de la politique activement et continûment depuis 2012. Je n’ai d’autres engagements politiques que ceux que j’ai cherchés auprès de François Bayrou puis de Jean-Louis Borloo.
Je poursuis cette ligne politique humaniste sans aucune exception, sans pas de côté, sans aucun relâchement, sans aucune ambiguïté. Sur cette base de tolérance, d’universalisme républicain, d’ouverture aux autres, j’ai construit deux équipes politiques en 2014 et 2020, deux équipes chevillées dans un même esprit.
 
Chers amis, sans ambages, je le dis : dans le racisme, tout me révulse, tout me répugne.
 
Rien de ce que je veux être,
Rien venu de mon éducation,
Rien dans mon engagement politique auquel je consacre désormais l’essentiel de ma vie,
Rien dans mon action politique quotidienne,
Rien dans les veines du marbre de mon âme ne peut s’apparenter, de près ou de loin, et même de très loin, au racisme ou à la xénophobie.
 
Dans le racisme, tout me révulse, tout m’indigne, tout me répugne.
 
Et cela, M. Gustave, au fond de vous, vous le savez très bien.
 
Car enfin, depuis 2012, j’ai pris un certain nombre de positions publiques, de tribunes, de tracts, et d’éditos, de documents. J’ai toujours voulu donner du sens à mes propos, à mes prises de parole, un sens politique. Et ce sens est constamment celui de rassembler les gens ; depuis 2014, de rassembler les Brétignolais, de rassembler des quartiers. Ce n’est pas pour rien que je martèle à longueur de discours ou d’éditos, de documents de campagne que tous les efforts de l’équipe municipale doivent chercher à « faire société commune. »
 
Vos accusations de campagne et de post-campagne, vous le savez, sont abjectes, elles sont infondées.
 
M. Gustave, au cours de cette campagne, vous n’avez contesté aucune de nos grandes inspirations, aucune des grandes ou petites orientations, à une ou deux exceptions près. Il n’y a pas eu de grandes différences en matière de propositions pour l’avenir.
 
 
Dès lors, il ne vous est resté qu’à chercher, ce que certains appelleront le point Godwin du débat public, à fabriquer de toutes pièces un monstre, un diable, un facho, un raciste qui s’appellerait Méary.
 
Mais ce monstre ce n’est pas moi. C’est même l’opposé de moi, tout le monde le sait et vous-même le savez.
 
Alors je crois qu’il faut ranger au placard les fantômes de la basse politique.
 
Cette image de moi que vous avez essayé de créer ce n’est pas moi.
La vision que vous avez de notre équipe est à l’opposé de la vérité,
Et nous ne savons rien de l’électorat qui a voté pour nous, comme d’ailleurs, celui qui a voté pour vous. Nous ne savons rien de lui, à l’exception d’une chose : il ne mérite pas d’insultes. Il faut toujours respecter les électeurs.
 
M. Gustave, de tout mon être, je vous dis qu’il serait en effet inadmissible de refuser de voter pour quelqu’un au motif de la couleur de sa peau.
 
Mais, à l’inverse, dans notre conception universaliste, il est tout aussi inadmissible de considérer qu’il faudrait voter pour tel ou tel au motif qu’il serait de telle couleur.
 
Les personnes qui refusent de voter pour l’un ou l’autre des candidats, même pour vous, peuvent le faire pour bien d’autres raisons que la couleur de peau. Il faut que concevoir cela.
 
En tout cas voter en fonction de la couleur de la peau, des origines, des orientations sexuelles, ou que sais-je encore, telle n’est pas notre conception de la République, telle n’est pas notre conception de la société et telle n’est pas notre conception de l’humaine condition.
 
Désolé de m’emporter un peu, mais il y a des accusations épouvantables et infondées qui ne passent pas. Et tant de Brétignolais m’ont dit depuis le milieu de cette semaine qu’ils se sentent insultés par les propos qui ont été tenus.
 
Et je sais qu’il y a dans vos rangs des militants honnêtes aux convictions fortes qui ne sont pas à l’aise avec cela, qui ne sont pas d’accord avec le recours à la calomnie.
 
Après cette réélection, comme avant, notre dessein principal, celui qui domine tous les autres, celui qui est suivi avec le plus de constance et qui ne souffre aucune exception vise à aplanir les obstacles, à rapprocher les communautés, à refermer les clivages entre Brétignolais et entre les quartiers de Brétigny.
 
Il ne faut pas jouer à se faire peur ou à agiter des chiffons rouges, Brétigny que tout le monde aime ici est une ville qui a toujours connu des brassages de populations, c’est une ville accueillante, ouverte, respectueuse des diversités.
 
Alors oui, son urbanisme heurté, son histoire compliquée, la croissance de population, le choix d’un nouveau quartier créé des tensions, c’est un fait ; mais toutes les décisions que nous avons prises – et que, par ses votes l’opposition d’hier a soutenues – visent à unifier, rassembler, recentrer Brétigny dans une seule entité. C’est exactement le sens que nous donnons au mot, au beau mot de « commune. »
 
« Faire société commune » est notre mantra, notre fil rouge que nous poursuivrons demain inlassablement.
 
Faire société commune, donner place à chacun, imposent aussi une discipline. Aucun passe-droit, aucun coupe-file, aucune promesse : l’égalité républicaine, la stricte égalité républicaine. Voilà pourquoi nous nous battons pour ces principes républicains.
 
Faire société commune c’est assurer de l’emploi pour que chacun puisse s’épanouir.
 
Faire société commune c’est aussi imposer des règles de vie, des comportements , des règles de vie collective qui permettent à chacun de se sentir à l’aise à Brétigny.
 
Faire société commune c’est développer les rencontres, les discussions, les débats pour que chaque Brétignolais puisse entendre le point de vue de l’autre.
 
Faire société commune c’est développer les possibilités pour que chacun puisse bénéficier de l’Éducation que la République offre à ses enfants.
 
Faire société commune c’est se battre pour que personne ne se sente assigné à résidence, c’est privilégier l’initiative, les opportunités plutôt que la victimisation et le repli sur soi.
 
Faire société commune c’est se battre pour que personne n’ait peur des autres, n’ait peur des préjugés ou des différences.
 
Faire société commune c’est avoir l’objectif d’être ouvert à toutes les communautés mais de refuser les communautarismes, et je sais que cet objectif rassemble bien des gens autour de cette table. Ce n’est pas une question d’étiquette partisane et ce n’est pas une question de liste politique. Je crois que c’est un objectif que nous pouvons tous partager parce que notre commune en a besoin, parce que les Brétignolais en ont besoin, parce que c’est ce que nous voulons pour notre société.
 
Alors, encore une fois, un très grand merci à toutes et à tous pour votre confiance. Vous pouvez compter sur notre équipe pour travailler sans relâche pour les Brétignolais. Vous pouvez compter sur l’ensemble des membres de ce Conseil municipal pour porter la voix de Brétigny. Vous pouvez compter sur nous toutes et tous pour chercher à faire société commune.
 
Vive Brétigny, vive la République, vive la France.