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Le mot du Maire

Manifester est un droit fondamental, mais on ne peut pas cautionner les blocages et surtout, casser, dégrader, voire s’en prendre aux forces de l’ordre est intolérable. Pour autant, le spectacle révoltant des Champs-Élysées samedi 24 novembre, que chacun condamne, ne résume ni ne caractérise le mouvement des gilets jaunes. Il y a sans doute dans ce mouvement de l’inquiétude quant au pouvoir d’achat, de l’inquiétude quant à la mobilité automobile qui fait partie intégrante de notre société, de la désespérance, des sentiments d’abandon, de la colère individuelle, mais le mouvement des gilets jaunes a plus de largeur et de profondeur. Il contient aussi des passions positives, l’attachement à la capacité de se déplacer, la volonté d’élargir ses marges de manœuvre pour vivre ses projets personnels ou collectifs. C’est aussi le mouvement d’une France qui veut bouger, se sentir libre, entreprendre.

Chacun sait pertinemment que la transition énergétique, la lutte contre le dérèglement climatique n’est pas une mode, c’est l’absolue nécessité de notre génération. Nul n’ignore maintenant qu’il nous faut sortir d’une consommation de produits pétroliers qui, année après année, dérègle le climat et détruit jusqu’à la possibilité même de vie sur terre. Cet effort collectif est une nécessité impérative, même s’il doit évidemment prendre en compte les contraintes auxquelles sont confrontés les plus modestes d’entre nous ou ceux qui n’ont pas d’autre solution que la voiture individuelle. À Brétigny et ailleurs, nous devons, sans relâche, chercher les voies et moyens d’un développement et d’un mode de vie plus vertueux, plus respectueux de notre environnement.

Mais comme les électeurs répondent parfois à une autre question que celle posée par les référendums, les Gilets jaunes manifestent sans doute aussi pour d’autres raisons que celles liées à la voiture et au pouvoir d’achat : peut-être le sentiment que quelque chose de fondamental de leur destin leur échappe. Ils manifestent une crise de confiance et un désarroi à l’égard du Gouvernement et peut-être des pouvoirs publics en général. Certains expriment même une défiance envers le processus démocratique. Lutter contre une telle défiance consiste pour les élus à prendre le temps d’écouter ce que les citoyens, même les plus révoltés, ont à dire. C’est une des conditions pour faire société commune.

Alors Brétigny ? Chez nous, la question du pouvoir d’achat et de la mobilité se pose avec beaucoup d’acuité, c’est notamment pour cela que les taux d’imposition communaux restent stables, année après année, et que nous cherchons à développer l’emploi local pour limiter les besoins de déplacement. Sur la question fondamentale de la confiance, Brétigny a fait le choix de tout tenter en matière de démocratie participative : les conseils de quartiers, les réunions de quartiers revivifiées, les réunions ad hoc comme celle qui s’est tenue cette semaine sur les problèmes difficiles de la rue Jean Rongière. Toujours les Brétignolais viennent, parlent, s’écoutent, leurs avis sont pris en compte. Et encore cet automne nous avons ouvert des Assises de la ville. Nous percevions une volonté des gens de s’exprimer et, de fait, tous ceux qui l’ont voulu ont pu s’exprimer librement. Puis ils ont proposé. Ainsi, 300 fiches de propositions sont-elles désormais à l’étude par les services de la ville et le verbatim des interventions des participants est désormais disponible sur le site de la ville. Je me réjouis de cette large participation, et je vous donne rendez-vous en janvier pour la restitution.

Pour autant, certaines décisions heureuses attendent leur concrétisation une décennie. Nous avons inauguré en novembre la Médiathèque Marguerite Duras. C’est un équipement vaste, magnifique, une grande réussite architecturale où se mélangent plusieurs des essences de bois qui font le papier des livres. Les fonds sont riches de 55 000 livres. Lors de l’inauguration, Mme Perche m’a tiré par la manche pour m’indiquer que dans les années 1960, avant la première bibliothèque, il y avait quelques centaines de livres dont certains provenaient de la bibliothèque de Jules Marquis ! Et dont elle s’occupait bénévolement avec d’autres dans un couloir de la mairie. J’ai cru déceler une émotion dans son propos et, ému, je l’étais moi-même. Et l’on comprend son émotion d’avoir connu un couloir sombre et quelques étagères et de connaître maintenant les 1 600 m2 superbes de la médiathèque Marguerite Duras.

C’est un projet au long cours, lancé du temps de mon prédécesseur Bernard Decaux. Merci à l’agglomération d’avoir collectivement choisi de mener une politique du livre résolue, à l’identique dans toutes les communes. Un tel choix appelle de la constance, des efforts prolongés, et ici une suite de décisions toutes importantes prises sous mes quatre prédécesseurs : Chambonnet, Blin, de Boishue et Decaux. Chaque étape a marqué un progrès, une nouvelle exigence, chacun a apporté sa pierre. Aujourd’hui, où les budgets sont contraints comme jamais, nous avons le bonheur d’inaugurer cet espace car l’effort sur cette politique ne s’est jamais démenti.

Voilà ce que fut novembre : l’affirmation avec les gilets jaunes que le débat public devait être ouvert à la parole de chacun, ce qui n’empêche pas que, bien souvent, la réalisation publique, comme cette médiathèque, appelle pour réussir du temps.

Décembre finira comme il se doit autour de rassemblements familiaux, autour des traditionnels sapins, autour de la joie des enfants. Alors heureuses fêtes à tous ! Décembre débute en trombe avec les enfants et avec le Téléthon. Je donne rendez-vous à tous autour de ses animations aussi joyeuses qu’utiles.

Le Maire, Nicolas MÉARY



 
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