Vous êtes ici : Accueil / Votre mairie / Le mot du Maire

Votre mairie

Le mot du Maire

Le camp de Roms a été évacué le 15 mars.

L’ancienne aire d’accueil des gens du voyage en face du centre commercial Maison Neuve et le long du Bois-Beaulieu a été incendié volontairement voilà plus de deux ans et, depuis plus d’un an, elle servait de « camp » à des Roms dans des conditions de sécurité et d’hygiène inhumaines, absolument dantesques. C’était devenu une immense décharge à ciel ouvert.Main dans la main avec le Préfet et les services de l’État et de l’Agglomération, nous avons décidé de fermer ce camp qui ne correspondait à aucune des règles de vie collective. Il fallait absolument arrêter la dérive de ce camp, où les Roms étaient de plus en plus nombreux et où les tonnes de déchets s’accumulaient.Une fois toutes les procédures administratives et sociales menées, j’ai pris, le 13 mars, un arrêté d’expulsion qui donnait aux Roms quelques jours avant d’évacuer. L’évacuation s’est faite dans les temps, sans expulsion, sans recours aux forces de l’ordre. Il n’y a plus de familles sur le site et c’est un soulagement que plus personne ne vive sur une telle décharge publique.Depuis, les prestataires de l’agglomération, avec d’énormes engins de chantier et une noria de camions, sont à l’œuvre pour « nettoyer » le site, afin de le réaménager entièrement dans des délais très courts.

Sur ce terrain que fera-t-on désormais ? L’Airial, dans sa forme ancienne, ne correspondait plus aux besoins des gens du voyage. En conformité avec le schéma départemental d’accueil des gens du voyage, l’aire nouvelle sera aménagée différemment de son installation ancienne : davantage de places, des installations plus sommaires, des temps de séjour plus brefs. Elle devrait ouvrir dès ce printemps.Il est important de faire fonctionner le futur schéma départemental d’accueil des gens du voyage qui résulte d’un travail commun de la préfecture et des élus. Respecter des règles collectives, disposer d’une aire de grand passage, c’est aussi retrouver des possibilités d’expulser les installations illégales des gens du voyage sur des parkings de la commune. Progressivement, nous allons améliorer les conditions de vie des Brétignolais et de tous ceux qui vivent à Brétigny, fut-ce quelques semaines seulement.

La vidéo-protection installée en ville se règle progressivement. Dès les premiers jours de fonctionnement, l’installation a permis à la Police nationale, alors qu’elle ne connaissait qu’une partie de la plaque d’immatriculation, d’interpeller une personne au volant d’une voiture. L’installation démontre son utilité.

En ce moment la « Troisième scène » de l’Opéra de Paris présente une production de trois jeunes chorégraphes dont une Brétignolaise, Bintou Dembélé. Il s’agit d’une extraordinaire vidéo de danse contemporaine sur le morceau le plus connu d’un opéra baroque : Les Indes Galantes de Rameau. Le choc des deux époques est saisissant de beauté et d’efficacité. Les Brétignolais ont souvent un talent extraordinaire. Je vous invite à visionner cette vidéo à laquelle, attention, on peut devenir accro.

Le programme d’actions proposées par la ville par l’intermédiaire du centre socio-culturel Mandela et intitulé « La différence dans tous ses états » a été cette année encore retenu pour son exemplarité par la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH).La Différence dans tous ses états est un dispositif dont l’objectif vise à sensibiliser les élèves à la prévention de toutes les formes de racisme et de discrimination à travers de multiples manifestations dans et hors les établissements. L’absence de discriminations et l’égalité de tous les hommes, quelles que soient leurs origines, leurs conditions et leurs convictions, sont des valeurs fondamentales de la République.

Tous ceux qui étaient présents ont été frappés par la qualité du concert au Rack’am de Percujam, le groupe de musique qui comprend des autistes. La passionnante exposition sur les tirailleurs comoriens est encore visible sur les murs de l’Espace Mandela… Mais je dois dire que ce qui m’a le plus frappé c’est l’intervention de Madame Ginette Kolinka devant des collégiens et des lycéens de Brétigny.Survivante des camps de la mort, Ginette Kolinka frappe par sa vitalité, son extraordinaire résistance et un humour ravageur tout en autodérision.Mais quand elle a fermé les yeux et pris la parole devant les jeunes collégiens de Paul Éluard et des lycéens de Timbaud, chacun a senti qu’il se passait quelque chose de fort.« Je vous donne une sale corvée : vous devrez transmettre ce que je vais vous dire, vous devrez transmettre la mémoire des déportés... » Durant plus de deux heures, les adolescents sont restés silencieux, attentifs, ils osaient à peine bouger. Il s’ensuivit la longue narration de la vie dans les camps, les camps de travail, les camps de concentration, les camps d’extermination… Et puis cette vie après les camps où son cœur longtemps ne pouvait plus éprouver de compassion. Les survivants ne sont jamais complètement sortis des camps.Au moment où l’antisémitisme revêt d’autres formes, d’autres sources, quelques jours après l’odieuse dégradation à Sainte-Geneviève-des-Bois des arbres plantés en souvenir du calvaire d’Ilan Halimi, la transmission de cette mémoire est indispensable.

Madame Kolinka qui n’avait jamais parlé des camps durant cinquante ans, use désormais de toute son énergie à mettre en garde les jeunes : « Je vous donne une sale corvée ». Je crois qu’elle leur a donné à tous comme à moi une sacrée leçon de vie. Ginette, l’adolescente des camps, nous a touchés au cœur.

Le Maire, Nicolas MÉARY



 
Haut de page